La réduction d’effectifs est-elle une mesure souhaitable ? Essai de réponse à cette question grâce au concept de valeur ajoutée

Résumé: 

 

« Il n'apparaît pas nettement que les réductions d'effectifs  profitent aux actionnaires, ni même qu'elles améliorent la santé financière de l'entreprise ».

 

Telle est la conclusion de l’étude de Patrick SENTIS[1]. En effet, en examinant le mode de répartition de la valeur ajoutée dans les entreprises, cet auteur trouve que la réduction des effectifs est le fait des entreprises en difficulté. Il considère que lorsque les entreprises sont confrontées aux difficultés, la valeur ajoutée, concept estimateur de la richesse de l’entreprise, diminue. Cette diminution se répercute mécaniquement sur le résultat disponible pour les actionnaires. Afin de maintenir la répartition initiale, les dirigeants devront abaisser les rétributions des autres parties prenantes pour maintenir celles des actionnaires. Patrick SENTIS précise que cette condition conduit les dirigeants à être confrontés à un choix politique. Il n’est pas possible de modifier la richesse allouée aux créanciers dans la mesure où celle–ci est fixée contractuellement. Il est délicat de répercuter totalement les difficultés de l’entreprise sur la rétribution des actionnaires dans la mesure où ces derniers décident de la nomination, de la révocation et de la rémunération des dirigeants via les assemblées générales. La modification de la richesse attribuée aux employés semble être le levier d’action le plus approprié dans une telle situation.

Notre étude s’est inscrite dans le prolongement de celle de Patrick SENTIS. Nous avons examiné de façon approfondie et appliqué sa méthodologie. Bien que nous ayons utilisé un autre échantillon, composé des entreprises en difficulté lors de l’opération, nous sommes parvenus au même constat que Patrick SENTIS : Les réductions d’effectifs ne  profiteraient pas aux actionnaires. 

Cependant, en appliquant la valeur ajoutée à la réduction d’effectifs, cet auteur n’a pas examiné le cas des entreprises qui étaient en bonne santé économique et financière lors de l’opération. Alors, pour compléter les travaux de cet auteur, à l’aide du même outil, nous avons examiné le cas des entreprises qui n‘étaient pas en difficulté. Selon les résultats obtenus, il apparaît que, pour la majorité des entreprises de notre échantillon qui étaient en bonne santé financière et économique lors de la réduction d’effectifs, les parts de la valeur ajoutée aux actionnaires ont augmenté après.

 

Il apparaît nettement que la réduction d’effectifs ne profite pas aux actionnaires dans les entreprises en difficulté lors de l’opération. Par contre elle semble leur être bénéfique dans  les entreprises déjà florissantes.

Ceci est probablement la conclusion majeure de cette recherche. Ainsi, contrairement à ce que disait Patrick SENTIS, la réduction d’effectifs ne serait  pas défavorable aux actionnaires dans tous les cas. Néanmoins, si cette mesure semble être financièrement rentable dans certains cas, nul ne peut ignorer qu’elle est quasiment destructrice de valeurs morales dans tous les cas.

Pour aboutir à ces résultats, nous avons dû adopter deux méthodes basées sur le concept de la valeur ajoutée. La première dite d’isolation est inspirée de la méthodologie de Patrick SENTIS. Et la seconde, dite des scénarios, est exclusivement issue de nos propres réflexions.

 

Ces contributions théoriques et méthodologiques apparaissent notamment à travers les réponses apportées aux différentes questions abordées dans les  chapitres 5 à 8.

 

[1] SENTIS Patrick.  Performances à long terme et caractéristiques financières des entreprises qui réduisent leurs effectifs.  Finance, Contrôle Stratégie, volume 1, n°4, 1998 

 

Auteur

DZREKE Komla

Directeur de thèse

Gérald AUGUSTIN

Spécialité

Sciences de Gestion

Date de soutenance

09/11/2012